Communiqué de la Fondation pour la prévention du risque opératoire (FONDAPRO)

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La Fondation pour la prévention du risque opératoire (Fondapro), qui regroupe des médecins, juristes et associations de patients, a notamment pour objet d’instaurer un dialogue transparent et constructif entre tous les acteurs de la santé préoccupés par la sécurité du patient.

Elle a été amenée récemment à s’intéresser au débat sur les implants  Essure.

Les implants Essure sont un dispositif médical visant à réaliser une contraception définitive chez les femmes ne désirant plus de grossesse. Il s’agit d’une technique simple, rapide et ne nécessitant pas d’anesthésie générale. Elle est réalisée par les voies naturelles et ne laisse pas de cicatrice sur la peau. 

Depuis 2004 et la promulgation de la loi Kouchner légalisant la stérilisation volontaire, environ 30 000 patientes ont pu bénéficier de cette technique chaque année en France.

Il est  apparu récemment que  parmi ces patientes, environ 1,5% présentent des effets secondaires. 

S’il est logique de procéder à l’ablation des implants en cas de manifestations susceptibles d’être en rapport avec ces implants, il est en revanche nécessaire de mener des études complémentaires avant de   préconiser le retrait de ces implants du marché, certaines complications n’étant pas forcément imputables à la pose d’un implant Essure.

L’interdiction de poser ces implants aurait pour conséquence de priver de très nombreuses femmes de ce type de contraception définitive, au profit de la pose de clips tubaires par cœlioscopie.

En effet, si la coelioscopie est une voie d’abord très sûre et répandue, elle n’est pas dépourvue de risques : il est rapporté un taux de mortalité de 1/12000 et un taux de complications sérieuses de 1/3000 environ. Au regard du nombre de stérilisations effectuées en France, cela représenterait en moyenne trois décès par an et dix complications graves que nous risquerions d’avoir à déplorer.

Ainsi, le retrait pur et simple de ces implants et le retour aux techniques antérieures plus lourdes et plus risquées serait synonyme de recul en matière de sécurité des patientes. 

Pour la Fondapro, soucieuse de favoriser un dialogue constructif entre les acteurs de santé dans l’intérêt de la sécurité du patient, il serait aujourd’hui opportun de prendre les mesures suivantes :

1. Se référer aux préconisations du Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français concernant le retrait ou la pose de ces dispositifs.

2. Etablir un Registre national  des complications, de façon à tenter d’y voir plus clair et d’expliquer en particulier la relation entre les symptômes présentés et la pose des implants Essure.

3. Suivre méthodiquement les patientes après ablation des implants, afin de mesurer avec précision les symptômes qui disparaissent ou qui persistent.

La Fondapro est disposée à participer à l’élaboration et au suivi de ce registre aux côtés des pouvoirs publics, des associations de patientes et des sociétés savantes.

La Fondapro est une fondation créée sous l’égide de la Fondation de France.

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Antoine Watrelot Président de la Fondation FONDAPRO